Citations

CITATIONS

Les citations et extraits de textes de cette page, émanent exclusivement de scientifiques et de physiciens en particulier, tous experts en ce qui concerne l’étude et la connaissance de la ‘Matière’.

L’intérêt de telles citations sur un site de yoga, est de se rendre compte combien les idées des représentants (pour la plupart prix Nobel de physique) de la science physique la plus récente, à savoir la physique quantique, sont en rapport étroit avec les notions les plus anciennes, notamment rencontrées au sein des antiques sagesses de l’humanité, dans la philosophie du yoga ainsi que la métaphysique hindoue.

Tout le monde ne sera pas forcement d’accord avec les propos de ces auteurs, mais ces citations n’ont pas pour objectif d’entraîner un débat entre les ‘d’accord’ et les ‘pas d’accord’, simplement de souligner combien nos hommes de science les plus illustres, au fait de leurs plus grandes découvertes scientifiques, nous parlent de tout autre chose…

Tous les extraits sont cités avec leurs sources (auteur, titre, édition, année, page) afin de pouvoir s’y référer directement.

Albert Einstein (1879-1955), Physicien, prix Nobel de physique en 1921.

Extraits de son livre « comment je vois le monde » (Ed. Flammarion, 1979, 2009) :

« J’éprouve l’émotion la plus forte devant le mystère de la vie. Ce sentiment fonde le beau et le vrai, il suscite l’art et la science. […] Auréolée de crainte, cette réalité secrète du mystère constitue aussi la religion. Des hommes reconnaissent alors quelque chose d’impénétrable à leur intelligence mais connaissent les manifestations de cet ordre suprême et de cette Beauté inaltérable. Des hommes s’avouent limités dans leur esprit pour appréhender cette perfection. Et cette connaissance et cet aveu prennent le nom de religion. Ainsi, mais seulement ainsi, je suis profondément religieux, tout comme ces hommes. […] Je ne me lasse pas de contempler le mystère de l’éternité de la vie. Et j’ai l’intuition de la construction extraordinaire de l’être. Même si l’effort pour le comprendre reste disproportionné, je vois la Raison se manifester dans la vie. » (Ibid, page 15).

« Je détermine l’authentique valeur d’un homme d’après une seule règle : à quel degré et dans quel but l’homme s’est libéré de son Moi ? ». (Ibid, page 16).

« Tous, cependant, peuvent atteindre la religion d’un ultime degré, rarement accessible en sa pureté totale. J’appelle cette religiosité cosmique et je ne peux en parler facilement puisqu’il s’agit d’une notion très nouvelle et qu’aucun concept d’un Dieu anthropomorphe n’y correspond. L’être éprouve le néant des souhaits et des volontés humaines, découvre l’ordre et la perfection là où le monde de la nature correspond au monde de la pensée. L’être ressent alors son existence individuelle comme une sorte de prison et désire éprouver la totalité de l’Etant comme un tout parfaitement intelligible. Des exemples de cette religion cosmique se remarquent aux premiers mouvements de l’évolution dans certains psaumes de David ou chez quelques prophètes. A un degré infiniment plus élevé, le bouddhisme organise les données du cosmos que les merveilleux textes de Schopenhauer nous ont appris à déchiffrer. Or, les génies religieux de tous les temps se sont distingués par cette religiosité face au cosmos. Elle ne connaît ni dogme ni Dieu conçu à l’image de l’homme et donc aucune Église n’enseigne la religion cosmique. Nous imaginons aussi que les hérétiques de tous les temps de l’histoire humaine se nourrissaient de cette forme supérieure de la religion. Comment cette religiosité peut-elle se communiquer d’homme à homme puisqu’elle ne peut aboutir à aucun concept déterminé de Dieu, à aucune théologie ? Pour moi, le rôle le plus important de l’art et de la Science consiste à éveiller et à maintenir éveillé ce sentiment dans ceux qui lui sont réceptifs. Nous commençons à concevoir la relation entre la Science et la religion totalement différente de la conception classique. […] Il est donc compréhensible que les Églises aient de tout temps, combattu la Science et persécuté ses adeptes. Mais je soutiens vigoureusement que la religion cosmique est le mobile le plus puissant et le plus généreux de la recherche scientifique. […] Un contemporain déclarait, non sans justice, qu’à notre époque installée dans le matérialisme seul les esprits profondément religieux se reconnaissent dans les savants scrupuleusement honnêtes. » (Ibid, pages 24-27).

« Mais le savant, lui, convaincu de la loi de causalité de tout événement, déchiffre l’avenir et le passé soumis aux mêmes règles de nécessités et de déterminisme. La morale ne lui pose pas un problème avec les dieux, mais simplement avec les hommes. Sa religiosité consiste à s’étonner, à s’extasier devant l’harmonie des lois de la nature dévoilant une intelligence si supérieure que toutes les pensées humaines et toute leur ingéniosité ne peuvent révéler, face à elle, que leur néant dérisoire. Ce sentiment développe la règle dominante de sa vie, de son courage, dans la mesure où il surmonte la servitude des désirs égoïstes. Indubitablement, ce sentiment se compare à celui qui anima les esprits créateurs religieux dans tous les temps. » (Ibid, page 27).

« Ici la Science ne peut nous libérer. Je crois même que l’exagération de l’attitude férocement intellectuelle, sévèrement orienté sur le concret et le réel, fruit de notre éducation, représente un danger pour les valeurs morales. Je ne pense pas aux risques inhérents aux progrès de la technologie humaine, mais à la prolifération des échanges intellectuels platement matérialistes, comme un gel paralysant des relations humaines. » (Ibid, page 29).

Erwin Schrödinger (1887-1961), Physicien, père de la physique quantique, Prix Nobel de Physique en 1933.

Extraits de son livre « Ma Conception du Monde – le Véda d’un physicien » (Ed. Mercure de France, Col. Science et conscience, 1961, 1982) :

« Il s’avère en effet beaucoup plus difficile de rendre compréhensible, de présenter rationnellement, ne serait-ce que le domaine spécialisé le plus restreint de n’importe quelle branche des sciences, si on en retire toute métaphysique. Peut-être est-ce totalement impossible. […] Une véritable suppression de la métaphysique ferait de l’art et de la science des squelettes pétrifiés, dépourvus d’âme, incapable du moindre développement ultérieur. » (Ibid, pages 15-16).

« Quand on examine le résultat final, aussi bien théorique que pratique, de la pensée occidentale depuis quinze siècle, on ne peut vraiment pas le trouver particulièrement encourageant. La conclusion finale de la Sagesse occidentale, que toute transcendance doit disparaître une fois pour toutes, ne peut pas s’imposer réellement dans le domaine de la connaissance (auquel elle est en fait destinée), parce que là, nous ne pouvons nous passer d’être guidé par la métaphysique. » (Ibid, page 21).

« Non, aussi inconcevable que cela puisse paraître à la raison ordinaire, vous – et tous les autres êtres conscients en tant que tels – vous êtes tout dans le tout. C’est pourquoi la vie que vous vivez n’est pas seulement un fragment de l’existence entière, elle est, en un certain sens, le tout. Seulement ce tout n’est pas fait de manière qu’on puisse le saisir d’un seul regard. C’est ce que les brahmanes expriment dans cette formule sacrée et mystique, qui est au fond si simple et si claire : tat vam asi (Cela, c’est toi). Ou qu’ils expriment encore avec des mots comme : « je suis à l’Est et à l’Ouest, je suis en haut et en bas, je suis ce monde tout entier. Ainsi vous pouvez vous jeter à plat ventre sur le sol, vous allonger sur la Terre Maternelle, avec la certitude absolue qu’Elle ne fait qu’un avec vous et que vous ne faites qu’un avec Elle. Vous êtes aussi solide, aussi invulnérable qu’Elle, et même mille fois plus solide et plus invulnérable. S’il est sûr qu’Elle vous engloutira demain, il est tout aussi certain qu’Elle vous enfantera de nouveau pour de nouvelles luttes et de nouvelles souffrances. Et pas seulement un jour : c’est maintenant, aujourd’hui, tous les jours qu’Elle vous ressuscite, non pas une fois mais des milliers de fois, de même qu’Elle vous engloutit chaque jour des milliers de fois. Car éternellement et toujours n’existe que maintenant ; l’unique et le même maintenant. Le présent est la seule chose qui n’ai pas de fin. » (Ibid, page 44).

« Je sais très bien que la plupart de mes lecteurs, en dépit de Schopenhauer et des Upanishads, prendront ce que je viens de dire pour une métaphore plaisante et adéquate, et refuseront d’accepter à la lettre l’axiome que toute conscience est Une par essence. » (Ibid, page 54).

« Nous avons dit que c’est la conscience qui rend en premier ce monde manifeste, on peut presque dire qui le rend présent ; que le monde est constitué d’éléments de conscience. » (Ibid, page 70).

« Je reconnais très franchement qu’à partir de maintenant, non seulement je n’éviterai plus la métaphysique, ni même la mystique, mais qu’au contraire elles vont jouer un rôle essentiel dans tout ce qui suit. […] La première raison fait que l’hypothèse du monde matériel est métaphysique, parce qu’il n’existe rien d’observable qui puisse lui correspondre. Et la deuxième raison la rend mystique, parce qu’elle nécessite qu’une relation réciproque et empiriquement bien fondée entre deux objets (à savoir cause et effet) soit appliqué à des couples d’objets, dont l’un seulement (la perception sensorielle ou éventuellement l’acte volontaire) est vraiment perçu ou observé, tandis que l’autre (la cause matérielle, éventuellement la réalisation matérielle) est simplement une construction de l’imagination. » (Ibid, pages 140-141).

Wolfgang Pauli (1900-1958), Physicien, père de la physique quantique, Prix Nobel de Physique en 1945.

Extraits de son livre : « Physique moderne et philosophie », (Ed. Albin Michel, 1961, 1999) :

« Ici l’on tombe sur le problème capital du rapport entre le savoir salvateur et le savoir scientifique. A des époques de recherche froidement critique succèdent souvent d’autres époques où l’on s’efforce d’intégrer la science dans une spiritualité plus vaste incluant des éléments mystiques. A l’opposé de la science, l’attitude mystique n’est pas caractéristique de l’Occident mais, en dépit de différences de détail, commune à l’Occident et à l’Orient. Je peux renvoyer ici par exemple à l’excellent livre de Rudolph Otto : ‘Mystique d’Orient et Mystique d’Occident’, qui compare la mystique de Maître Eckhart (1250-1327) et celle de l’Indien Shankarâ (vers 800), fondateur de la philosophie du Vedânta. La mystique recherche l’unité de toutes les choses extérieures et l’unité de l’homme intérieur avec elles, en tentant de percer à jour l’illusion d’une multiplicité qui n’est pas réelle. C’est ainsi que, de degré en degré, se constitue l’unité de l’homme avec le divin : en Chine, le Tao, en Inde le Samâdhi ou le Nirvâna bouddhiste. Dans la perspective occidentale, ces deux derniers états équivalent à peu près à l’extinction de la conscience du moi. La mystique conséquente ne demande pas : ‘Pourquoi ?’ Elle demande : ‘Comment l’être humain peut-il échapper au mal, à la souffrance dans ce monde terrible et menaçant ? Comment celui-ci peut-il être identifié comme simple apparence ? Comment accéder à la vision de l’ultime réalité : le Brahman, l’Un, la Déité (qui chez Maître Eckhart n’est plus personnelle) ?’ Il est au contraire dans la nature de la science occidentale, on peut dire en un sens : de l’esprit grec, de se demander par exemple : ‘Pourquoi l’Un se reflète t-il dans le multiple ? Quel est le miroir réfléchissant, et qu’est-ce qu’il réfléchit ? Pourquoi l’Un n’est-il pas resté seul ? Quelle est la cause de ce que l’on appelle l’illusion ?’ […] Je crois que le destin de l’Occident est d’établir, sans relâche, une relation entre ces deux attitudes fondamentales : l’attitude rationnelle, critique, qui veut comprendre, et l’attitude irrationnelle, mystique, en quête de l’expérience libératrice de l’unité. L’âme humaine sera toujours habitée par l’une et l’autre, et toujours chacune portera en elle le germe de l’autre, son contraire. Il en résulte une sorte de processus dialectique, dont nous ne savons pas où il nous mène. Je crois que nous devons, en Occidentaux que nous sommes, nous abandonner avec confiance à ce processus et reconnaître dans ce couple d’opposés un couple de complémentaires ; nous ne pouvons ni ne voulons sacrifier entièrement la conscience du moi qui observe le monde, mais nous pouvons accepter, même du point de vue de l’intellect, comme une sorte de cas limite ou de concept limite, idéal, l’expérience vécue de l’unité. En laissant subsister la tension entre les opposés, nous devons aussi reconnaître que, sur toutes les voies de la connaissance ou de la libération, nous sommes tributaires de facteurs qui échappent à notre contrôle et que le langage religieux a depuis toujours appelé : la grâce. » (Ibid, page 164-166).

« Ici se pose à la science de notre temps cette question capitale : ‘Parviendrons-nous à réaliser, sur un plan supérieur, le vieux rêve de l’alchimie, en créant les bases conceptuelles d’une saisie scientifique unitaire de la sphère physique et de la sphère psychique ?’ Nous ne connaissons pas encore la réponse. » (Ibid, page 176).

« Contre la division rigoureuse des activités de l’esprit humain en disciplines isolées les unes des autres depuis le XVIIè siècle, je n’en considère pas moins l’objectif d’un dépassement des oppositions, impliquant aussi une synthèse entre la compréhension rationnelle et l’expérience mystique de l’unité, comme un mythe, explicite ou implicite, de notre temps présent. » (Ibid, page 178).

Werner Karl Heisenberg (1901-1976), Physicien, père de la physique quantique, Prix Nobel de Physique en 1932.

Extraits de son livre « Physique et philosophie » (Ed. Albin Michel, Collection ‘Sciences d’aujourd’hui’, 1961, 1971, 2018) :

« L’interprétation actuelle des faits atomiques a fort peu de ressemblance avec une philosophie matérialiste proprement dite ; en fait, on peut dire que la physique atomique a détourné la science de la tendance matérialiste qu’elle avait adoptée durant le XIXè siècle. » (Ibid, page 57).

« Jetant un coup d’œil en arrière sur le développement de la philosophies grecque jusqu’à ce stade, on comprend que c’est la tension entre l’Un et le Multiple qui a été son guide. Vis-à-vis de nos sens, le monde consiste en une variété infinie de choses et de phénomènes, de couleurs et de sons. Mais pour le comprendre, il nous faut introduire une sorte quelconque d’ordre, et l’ordre signifie qu’on reconnaît ce qui est égal, il signifie une certaine sorte d’unité. De là sort la croyance qu’il existe un principe fondamental, mais en même temps la difficulté d’en tirer l’infinie variété des choses. Qu’il y ait une cause matérielle à toutes choses était un point de départ naturel, puisque le monde est fait de matière. Mais quand on poursuit l’idée de l’unité fondamentale jusqu’au bout, on en arrive à cet ‘Étant’ indifférencié, infini et éternel qui, matériel ou non, ne pouvait pas lui-même expliquer la variété infinie des choses. Cela conduit à l’antithèse de l’Être et du Devenir et, finalement, à la solution d’Héraclite, à savoir que c’est le changement lui-même qui est le principe fondamental, ce ‘changement impérissable’, comme ont dit les poètes. Mais le changement en lui-même n’est pas une cause matérielle et, par conséquent, il est représenté dans la philosophie d’Héraclite par le feu, élément fondamental qui est à la fois matière et force motrice. Nous pouvons ici remarquer que la physique moderne est à un certain point de vue très proche des doctrines d’Héraclite : si nous remplaçons le mot ‘feu’ par le mot ‘énergie’, nous pouvons presque répéter ses paroles mot pour mot, du point de vue actuel. En fait, l’énergie est la substance dont sont faites toutes les particules élémentaires, tous les atomes et, par conséquent, toutes choses, et l’énergie est ce qui fait mouvoir. L’énergie est une substance puisque sa quantité totale ne change pas et les particules élémentaires peuvent effectivement être produites à partir de cette substance, comme le montrent de nombreuses expériences sur la création de particules élémentaires. L’énergie peut se changer en mouvement, en chaleur, en lumière et en électricité. L’énergie peut être appelé la cause fondamentale de tous les changements dans le monde. » (Ibid, pages 62-63).

« Mais encore une fois, l’ouverture d’esprit de la physique moderne peut jusqu’à un certain point aider à concilier les anciennes traditions et les nouveaux courants de pensée. Par exemple, la grande contribution apportée par le Japon à la théorie quantique depuis la dernière guerre peut être un indice d’une certaine parenté entre les idées philosophiques traditionnelles de l’Extrême Orient et le contenu philosophique de la théorie quantique. Il est possible qu’il soit plus facile de s’adapter au concept quantique de la réalité quand on n’est pas passé par le mode de pensée d’un matérialisme naïf qui régnait encore en Europe pendant les premières décennies de notre siècle. » (Ibid, page 271).

Julius Robert Oppenheimer, Physicien, père de la physique quantique (1904-1967).

Extraits de son livre « La Science et le bon sens » (Ed. Gallimard, 1955) :

« Il est bon de nous rappeler que les notions générales sur l’entendement et la société, qu’illustrent les découvertes de la physique atomique, ne sont pas absolument extraordinaire, absolument inconnues, ou nouvelles. Même dans notre culture, elles ont des précédents et dans la pensée bouddhique et hindoue, elle occupent une place plus considérable et plus centrale. Ce que nous trouverons, c’est une démonstration, une confirmation, et un raffinement de la sagesse antique. » (Ibid, page 20).

« A des questions en apparence des plus simples, nous allons être amenés soit à ne donner aucune réponse, soit à en fournir une qui, à première vue, fait penser à un étrange catéchisme plutôt qu’aux affirmations catégoriques de la physique. Si l’on demande par exemple si la position de l’électron reste la même, nous devrons répondre ‘non’ ; si l’on demande si elle varie au cours du temps, nous devrons répondre ‘non’ ; si l’on demande si l’électron est immobile, nous devrons répondre ‘non’ et si l’on demande s’il est en mouvement, nous devrons toujours répondre ‘non’. Si le Bouddha, interrogé sur les états de la personne humaine après la mort, a donné des réponses de ce genre, elles s’accordent mal avec la tradition de la science des XVIIè et XVIIIè siècles. » (Ibid p. 68).

Max Planck (1858-1947), Physicien, père de la physique quantique, Prix Nobel de Physique en 1918 :

Extraits d’une conférence intitulée « La Nature de la matière », donnée à Florence, Italie (1944) : 

« Pour moi qui ai consacré toute ma vie à la science la plus rigoureuse, l’étude de la matière, voilà tout ce que je puis vous dire des résultats de mes recherches : il n’existe pas, à proprement parler, de matière ! Toute matière tire son origine et n’existe qu’en vertu d’une force, qui fait vibrer les particules de l’atome et tient ce minuscule système solaire qu’est l’atome en un seul morceau […] Nous devons supposer, derrière cette force, l’existence d’un Esprit conscient et intelligent. Cet Esprit est la matrice de toute matière. »

Extraits et conclusion d’une autre de ses conférences, intitulée « science et religion », donnée en Mai 1937, à Riga et plusieurs villes de la Baltique, puis à Berlin et Leipzig, 1947. Nous retrouvons aussi cette conférence dans son livre « autobiographie scientifique » (Ed. Flammarion, 2010, p. 219-220) :

« Religion et science ne s’excluent pas l’une l’autre, comme beaucoup de nos contemporains le croient ou le craignent ; elles se suppléent et se conditionnent mutuellement, l’une l’autre. La preuve la plus immédiate de cette compatibilité entre religion et science, fut-ce à l’examen critique le plus minutieux, est le fait historique que les plus grands savants de ce genre eux-même, dans tous les temps, – des hommes tels que Kepler, Newton, Leipzig, – furent empreints du plus profond sentiment religieux. A l’aurore de notre propre période de civilisation, ceux qui pratiquèrent les sciences de la nature furent en même temps les gardiens de la religion. La plus ancienne de toutes les sciences appliqués, la médecine, se trouvaient dans les mains des prêtres, et au moyen age c’est dans les monastères que la recherche scientifique fut principalement pratiquée. Plus tard, lorsque la civilisation continua à avancer et à se diversifier, l’écart des deux routes devint toujours plus prononcé, correspondant à la nature différente des tâches et des buts que se proposent la religion et la science. Et en effet, l’attitude propre à l’égard des questions morales ne peut pas plus s’obtenir à partir d’une connaissance rationnelle, qu’une conception générale du monde ne peut jamais remplacer elle-même la connaissance spécifique et la compétence. Mais les deux routes ne divergent pas ; elles se déroulent parallèlement l’une à l’autre et elles finissent par se rencontrer en un but commun, qui est situé à l’infini. Notre meilleur moyen de comprendre exactement tout ceci c’est de poursuivre nos efforts pour une connaissance intime et toujours plus profonde, d’une part, de la nature et des problèmes que posent les sciences par où nous l’étudions, et, d’autre part, de la foi religieuse. Alors il apparaîtra, dans une clarté toujours croissante, que, malgré la différence des méthodes, – car la science opère avant tout avec l’intellect, la religion avant tout avec le sentiment, – la signification de l’œuvre et la direction du progrès n’en sont pas moins absolument identiques. Religion et science mènent ensemble une bataille commune dans une incessante croisade, une croisade qui ne s’arrête jamais, contre le scepticisme et contre le dogmatisme, contre l’incroyance et contre la superstition, et le cri de ralliement pour cette croisade a toujours été et sera toujours : jusqu’à Dieu. »

David Bohm (1917-1992), Physicien, collaborateur de A. Einstein et de R. Oppenheimer :

Extraits de son livre « La Plénitude de l’Univers », Ed. Du Rocher :

« La théorie des quanta, telle qu’elle est aujourd’hui établie, nous met en présence d’un très grand et pressant problème, si nous sommes le moins du monde intéressé par cette entreprise, parce qu’il n’existe aucune notion solide de ce que peut bien être la réalité qui fonde la constitution et la structure universelle de la matière. » (Ibid, page 24).

« Dans une description plus détaillée, on voit à beaucoup d’égards que l’atome se conduit aussi bien comme une onde que comme une particule. On pourrait peut-être mieux le regarder comme un nuage mal défini, dont la forme occasionnelle dépendrait de tout son environnement, y compris les instruments d’observation. Donc nous ne pouvons maintenir plus longtemps la division entre l’observateur et l’observé (implicite dans la vue atomiste, qui considère chacun d’eux comme des agrégats séparés d’atomes). Mais plutôt, ensemble, l’observateur et l’observé sont-ils des aspects, qui se fondent et s’interpénètrent, d’une seule et même réalité indivisible et inanalysable. » (Ibid, page 39).

« La théorie de la relativité réclame cette façon de considérer les particules atomiques qui constituent toute matière y compris bien sûr les êtres humains, avec leur cerveau, leur système nerveux et les instruments d’observation qu’ils ont construits et qu’ils utilisent dans leur laboratoire. Si l’on aborde la question par différents points, la relativité et la théorie des quanta se rencontrent donc dans le fait que toutes deux impliquent la nécessité de regarder le monde comme un tout indivis dans lequel toutes les parties de l’Univers, y compris l’observateur et les instruments, se fondent et s’unissent en une seule totalité. » (Ibid, page 41).

« Dans les toutes premières phases du développement de la civilisation, les points de vue de l’homme étaient essentiellement de plénitude plutôt que de fragmentation. En Orient (spécialement en Inde) de telles vues survivent encore, au sens où la philosophie et la religion mettent l’accent sur la plénitude et impliquent la futilité d’analyse du monde en plusieurs parties. Pourquoi alors ne laissons-nous pas tomber nos approches fragmentaires occidentales pour adopter ces notions orientales qui n’incluent pas seulement une vue du monde qui leur est propre, refusant division et fragmentation, mais qui incluent aussi des techniques de méditation, qui mènent tout le processus de l’opération mentale non verbale à une sorte d’état tranquille, de flux ordonné et régulier dont on a besoin pour mettre fin à la fragmentation, à la fois dans le processus actuel de la pensée et dans son contenu ? » (Ibid, page 52).

« Ainsi, ce que nous avons à faire par égard pour cette grande sagesse de l’ensemble du passé, celui de l’Ouest et celui de l’Est, c’est de l’assimiler et de continuer vers des perceptions nouvelles et originales qui conviennent à notre présente condition de vie. » (Ibid, page 58).

Jean-Emile Charon (1920-1998), ingénieur Physicien de l’École Supérieure de Physique et Chimie, spécialisé dans la recherche nucléaire :

Extraits de son livre « L’Esprit cet inconnu », Ed. Albin Michel, 1977 :

« On peut d’abord se demander si les thèmes principaux de la Métaphysique ont quelque rapport avec les problèmes étudiés en Physique. La Connaissance, l’existence du monde extérieur, la substance et la forme, le problème de la vie et de la mort, l’âme et le corps, le problème de Dieu, tous ces objets d’investigation traditionnels de la Métaphysique sont-ils susceptibles d’entrer dans le champ des recherches en Physiques ? La réponse à cette question sera affirmative ou non suivant qu’on acceptera ou non de considérer l’analyse de l’Esprit comme un objet d’étude de la Physique. Le problème de la nature et des mécanismes de l’Esprit est en effet, sans nul doute, le problème central de toute Métaphysique, celui dont dérivent tous les autres objets de réflexions (la Connaissance, la vie, la mort, la Matière, Dieu…). La Physique et la Métaphysique forment donc deux disciplines complémentaires en charge d’accroître notre connaissance de l’Univers si, et seulement si, Matière et Esprit sont inséparables dans les méthodes de recherche et les langages de ces deux branches de la Connaissance. » (Ibid, page 24-25).

« Dès que les investigations des physiciens se tournent vers le plus petit, ou encore vers le plus grand, vers ces mystérieuses particules formant l’essence de la Matière ou encore vers notre Univers dans son ensemble, alors le mot de Saint Augustin devient aujourd’hui toujours plus vrai : ‘Le monde est tel qu’il nous apparaît fait de choses qui ne nous apparaissent point.’ Et Teilhard de Chardin remarquait également que ‘parvenus à l’extrême de leurs analyses les physiciens ne savent plus trop si la structure qu’ils atteignent est l’essence de la Matière qu’ils étudient ou bien le reflet de leur propre pensée.’ Comment, dans ce cas, ne pas reconnaître comme une évidence actuelle que l’Esprit est en fait partie intégrante du domaine d’investigation de la Physique, au même titre que la Matière, puisqu’il n’y a pas de description possible de la Matière qui ne fasse intervenir, au premier plan, les mécanismes structurels de notre propre Esprit ? Cette importance donnée à l’Esprit dans l’étude des phénomènes ‘physiques’ prenant place dans l’Univers n’a en fait jamais été contestée dans l’Antiquité, et jusqu’à la fin du XVIIè siècle. Il suffit, pour s’en convaincre, de rappeler Descartes qui nous déclare dans ses Méditations : ‘Ainsi toute la Philosophie est comme un arbre dont les racines sont la Métaphysique, le tronc est la Physique et les branches qui sortes de ce tronc sont toutes les autres sciences.’ Et Newton, dont on a voulu faire le modèle du ‘scientiste’, c’est à dire du savant uniquement préoccupé des certitudes associées aux faits observables, a en réalité été toute sa vie très orienté vers les problèmes de l’Esprit : il a écrit plus de pages sur l’alchimie et sur ce qu’on nommerait aujourd’hui la parapsychologie que sur l’optique et la gravitation. » (Ibid, page 25-26).

« Il est grand temps, notamment, que nos physiciens se préoccupent un peu plus, sans devoir se cacher, de l’aspect ‘spirituel’ de la matière qu’ils étudient. » (Ibid, page 39).

« Je me propose d’expliquer ici comment mes recherches en Physique, dans le prolongement des travaux d’Albert Einstein sur la Relativité générale, m’ont permis de proposer des modèles de particules élémentaires qui répondent à des questions intéressant non seulement la Physique, mais encore la Métaphysique, en ce sens qu’ils vont décrire, dans le langage de la Physique, la structure d’une matière ‘contenant’ un espace de l’Esprit. » (Ibid, page 42).

« En bref, mon travail sur les particules élémentaires en Physique m’a montré que certaines de ces particules enfermaient un espace et un temps de l’Esprit, coexistant avec l’espace et le temps dans lequel toute la Physique, depuis Aristote, s’est efforcée de décrire la Matière et son évolution. Alors que nous avons toujours cru, jusqu’ici, à l’existence d’un espace-temps ‘simple’, voici que se découvre un espace-temps où chacune des dimensions est ‘double’ ; dans celui-ci il existe un espace-temps de l’Esprit, à côté de l’espace-temps traditionnel de la Matière. […] L’espace-temps de l’Esprit était jusqu’ici passé inaperçu des physiciens car on ne découvre son existence qu’à l’intérieur de certaines minuscules particules élémentaires entrant dans la constitution de la Matière. Ces particules spirituelles sont ‘stables’, c’est à dire que la Physique constate que (sauf ‘accident’ exceptionnel provoquant leur désintégration) la durée de vie de ces particules est comparable à la durée de vie de l’Univers entier lui-même. Cela est extrêmement important par ses conséquences métaphysiques. Car si, d’une part, ces particules enferment un espace qui ne peut jamais perdre son contenu informationnel, puisque, comme nous l’avons dit, la néguentropie de l’espace de l’Esprit ne peut évoluer qu’en croissant ; et si, d’autre part, ces particules ont une durée de vie pratiquement ‘éternelle’, alors toutes ces informations que, durant notre vie humaine, nous avons emmagasiné dans ces particules spirituelles entrant dans la constitution de notre corps, vont subsister par delà notre mort corporelle, pratiquement pour l’éternité. Si nous convenons de nommer Dieu le principe d’éternité, alors ce que nous venons de dire nous permet d’affirmer que Dieu, en tant qu’Esprit lié au principe d’éternité, ‘existe’ ; et par ailleurs, que chacun de nous est ‘consubstantiel’ avec Dieu. D’autres conséquences, ‘métaphysiquement’ aussi fondamentales, surgissent à la lumière de ce qui précède. Comme notre corps est, en effet, construit de particules qui, puisqu’elles sont éternelles, datent pratiquement du ‘commencement du monde’, c’est toute l’histoire passée du monde dans lequel prend racine notre propre esprit. Cet esprit que nous nommons ‘notre’ vit ce que vit l’Univers lui-même, chacun de nous possède un ‘Je’ coextensif à l’éternité du temps, dans le passé comme dans le futur. » (Ibid, page 44-46).

Philippe Guillemant, ingénieur Physicien diplômé de l’École Centrale Paris et de l’Institut de Physique du Globe. Docteur en Physique du Rayonnement et habilité à diriger des recherches. Il exerce son activité au CNRS (UMR 7343, laboratoire IUSTI de Polytech’ Marseille) où il est Ingénieur de Recherche Hors Classe.

Extraits de son livre « La Physique de la Conscience » (Ed. Guy Trédaniel, 2016) :

« L’idée selon laquelle la conscience serait le produit du cerveau relève d’un réductionnisme stupéfiant qui consiste à considérer la science comme déjà aboutie dans sa tentative de description purement mathématique d’un espace-temps à quatre dimensions, dont toutes les informations résulteraient mécaniquement du passé, donc du Big Bang : aucune autre information que ses conditions initiales ne serait à ajouter pour modeler l’univers. La conscience ne servirait donc à rien et serait même réduite à une illusion. Or la science actuelle affirme tout le contraire : quand elle n’ajoute pas des dimensions à l’espace, elle lui associe un vide quantique qui contient une quantité d’informations ou d’énergie d’une densité immensément plus grande que celle de notre espace-temps lui-même : le ‘vide’ serait donc plein, et c’est notre espace-temps qui serait vide en comparaison. Mais à quoi peuvent bien servir ces myriades d’informations additionnelles que le vide détient ? Il est bien plus légitime de les relier à la conscience que de refuser comme une autruche de les voir pour conclure que la conscience est une illusion. On peut et on doit même envisager, si l’on relie la conscience au vide, qu’elle puisse être ‘première’ du point de vue simplement quantitatif de l’information. Mais est-ce bien raisonnable ? Après tout, c’est la logique même qui veut que la conscience soit première d’un point de vue d’abord qualitatif, puisqu’il ne peut y avoir de réalité objectivable sans conscience et, si l’on enlève toutes les consciences de l’univers, il ne peut même plus y avoir d’univers. En effet, toute portion de la réalité aussi infime soit-elle passe nécessairement par une conscience qui en est informée. » (Ibid, pages 24-25).

« Nous avons donc un problème dont nous avons anticipé une solution en suggérant le renversement de perspective voulant que ce soit la conscience qui crée la réalité, ou du moins la sensation que nous en avons. Nous n’avons pas besoin à ce stade de savoir ce qu’est la conscience. Notons qu’il est simplement pus juste de dire que ‘la conscience crée la réalité’ plutôt que ‘le cerveau crée la réalité’ – puisque le cerveau est une observation -, or, si nous mettons en doute la réalité observable, nous sommes obligé de mettre en doute le cerveau lui-même au sens de sa matérialité. » (Ibid, page 30).

« Le vide est plein d’énergie. Il y aurait environ 10 puissance 120 fois plus d’énergie dans le vide que dans l’univers observable. Ce rapport est gigantesque. […] Cette énergie vient de ce que notre espace vide est rempli de vibrations correspondant à des particules virtuelles, c’est à dire ‘irréelles’, mais dont nous verrons plus tard qu’elles se conçoivent en termes d’informations non manifestées dans l’espace-temps. » (Ibid, pages 32-33).

« Si l’on en revient à notre renversement initial de perspective, proposant que la conscience soit première, il n’y a plus de problème, puisque cela revient à dire que la réalité – que l’on ne peut pas s’empêcher de s’imaginer – n’existe pas, du moins telle qu’on la perçoit. Tout ce que l’on peut en dire raisonnablement est qu’il y a bien un champ d’informations extrêmement vaste correspondant au vide quantique, dans lequel la conscience vient puiser pour construire notre réalité, mais auquel il convient de ne pas chercher à donner une consistance objective réelle, cette objectivation étant l’affaire de la conscience. Nous pouvons alors concevoir qu’il ne soit pas si étrange que le vide soit plein. Nous vivrions dans un champ d’informations incommensurable et notre réalité collective ne serait qu’une parcelle infime de ce champ d’informations dans lequel chaque conscience vient puiser une partie cohérente avec le tout. » (Ibid, page 35).